mercredi 19 février 2014

Ou sont les jobs ?



Je continue ma recherche désespérée d’un emploi en France. Et il y a une réflexion que je me fais au fur et à mesure de ma recherche. Mais ou sont donc les offres d’emploi ?
Vous qui lisez mes petits articles et qui très certainement recherchez un job comme moi, je vous invite à faire un petit test. Vous avez surement des mots clés de recherche dans vos sites d’emplois préférés. Essayez de faire la même recherche de mot clés sur les Etats-Unis et l’Angleterre. Vous serez surpris de constater que le nombre de postes est 5 à 10 fois supérieur.
Bon alors, on va me dire que c’est la reprise dans ces pays là, ou bien que nous avons un problème de flexibilité de l’emploi ou encore que c’est à cause de notre Président qui veut taxer tout le monde à 75 %.

Quelle qu’en soit la raison, le résultat, c’est que je ne travaille pas, donc je ne paye pas d’impôt, donc je ne participe pas au développement de l’économie française et donc je ne créé pas d’emploi.

J’ai remarqué autre chose. Beaucoup des jobs que je convoite sont proposés en tant que stage. Ce qui me vexe énormément, car j’ai largement passé l’âge de faire un stage et j’ai l’impression que cela tire vers le bas toute l’expérience que je pourrais apporter. Toute ces années de travail et ce savoir accumulé n’intéresse pas les sociétés, puisqu’elles pensent qu’un stagiaire sorti de l’école peut très bien faire le job. Payés au lance pierre ou pas du tout d’ailleurs.

Je n’ai rien contre les stagiaires, j’ai été stagiaire moi-même. Exploitée, comme tous les stagiaires. Avec des horaires normaux, un job normal, et une paye 3 à 4 fois inferieure à un salarié normal. Mais ca a duré un temps seulement. C’était un tremplin pour trouver un vrai job dans la boite qui m’a prise comme stagiaire. Et ca a marché, à l’époque je me suis vue proposer un vrai emploi.
J’avoue que parfois, j’aimerais bien avoir accès au stage, car cela me permettrait d’entrer dans les sociétés que je cible. Un peu comme des contrats de téléphone portable « trois mois d’essai gratuit » puis si ca vous plait on passe à un vrai contrat. Il n’y aura rien à faire, pas de paperasse, juste à me garder et enfin me payer.
D’aucun diront qu’il ne faut jamais travailler gratuitement et se brader, et je répondrais que de toutes façons, je ne gagne rien en ce moment alors autant m’occuper à faire ce qui me plairait et autant que cela aboutisse sur une fin heureuse.

Mais je sais que cela n’est  pas possible, car comme pour les stagiaires, il serait possible aux sociétés d’enchainer les contrats de téléphones et finalement d’avoir de la main d’œuvre gratuite.

La solution ? Si je ne suis pas prise, ils me payent les trois mois au prix fort. Qu’en pensez-vous ?

Oh mais attendez… J’ai bien l’impression que ca ressemble à l’incitation (le contrat de confiance… ca fait un peu Darty… ) que l’Etat essaye de mettre en place avec les entreprises. Sauf que l’Etat ne va rien faire pour empêcher les entreprises d’enchainer les contrats de téléphones gratuits sans les sanctionner.  
Et pendant ce temps là, je suis toujours sans emploi…

Les boites américaines ont peur de la France


Je vais commencer par dire que les américains adorent les français.
Vu depuis la France on a l’impression que les américains détestent les français. Nous râlons tout le temps, nous ne voulons pas faire la guerre et nous ne voulons pas de leur bœuf aux hormones. Bref, un tout petit pays minuscule ose résister au grand pays qu’est l’Amérique.

Et bien c’est faux.

Les américains adorent les français, ils rêvent tous d’aller a Paris au moins une fois dans leur vie, et vu le nombre de jours de vacances qu’ils ont par an, c’est un voyage qu’ils planifient des années a l’avance.
Toutes les maisons américaines ont un petit objet avec un mot français écrit dessus. D’ailleurs ca m’énervait car en général ces petits tableaux de Montmartre ou paillasson avec écrit « bienvenue » dessus sont fabriqués en Chine. Ils sont forts ces chinois ! Ils vendent du made in France aux Américains !
Bref, les américains admirent notre sens de la mode, notre cuisine et le raffinement des français en général. Nous sommes souvent cités en exemple pour être un peuple qui sait apprécier les joies de la vie. Et les françaises sont admirées pour le fait qu’elles restent fines et élégantes même après avoir eu des enfants.

Il en est tout autrement pour ce qui est des sociétés qui souhaitent s’implanter en Europe. Ils choisissent rarement la France comme siège social européen. Très souvent les sièges sont installés en Angleterre, en Belgique ou encore aux Pays Bas. Alors, mis a part les considérations fiscales qui je le pense ne sont pas si éloignées entre les pays que j’ai cité et la France, quelles sont les autres raisons qui font que ces sociétés ont peur de venir s’installer en France ?

Tout simplement les ressources humaines ont peur du droit du travail en France. Ils ne comprennent rien au système français et très souvent ils ont eu des mauvaises expériences par le passé.
Imaginez : Aux Etats-Unis il est possible d’embaucher quelqu’un sans payer de charges sociales et sans ne lui donner aucun avantage. La personne est considérée comme travaillant à son compte, elle va donc prendre en charge seule les charges sociales et les taxes. Elle n’aura aucune couverture sociale et aucune garantie de rester.
C’est un peu comme le nouveau statut d’auto-entrepreneur, mais contrairement a la France, l’auto-entrepreneur américain prend en charge les taxes employeur et employés (donc, deux fois plus et sans sécu). L’entreprise ne paye rien.
C’est un système précaire et personne n’aime a se retrouver contractor, mais c’est un moyen facile pour les entreprises de tester les gens avant de les embaucher.

Et puis, ce qui est un acquit en France est un avantage, appelé « benefits » là-bas. 

Un benefits, c’est par exemple, une mutuelle (la sécu n’existe pas, et les petites entreprises ne sont pas obligées de fournir la sécu. Ca n’est pas obligatoire pour les mi-temps non plus) ou encore la retraite et les vacances.
Donc, quand une entreprise américaine se voit demander d’accorder des benefits (sécu, retraite…) a tous leurs employés, même les temporaires, ben, ils ne comprennent pas. Ils comprennent encore moins que tout le monde ait 5 semaines de vacances et les prennent. Mais c’est un autre sujet.

Une autre raison qui fait que les entreprises américaines sont frileuses, c’est la procédure de licenciement. 
Aux Etats-Unis, vous pouvez arriver le matin au bureau et être viré l’après-midi même. On vous demandera de rendre vos affaires, et c’est fini.
C’est très violent.

Alors, devoir suivre une procédure (envoyer la lettre recommandée, avoir une bonne raison…) et attendre 3 mois avant de se débarrasser de l’employé, c’est inconcevable pour un américain. 

Là-bas, la période de préavis  à donner, seulement si on le souhaite, lors d’un départ est de deux semaines. Alors pour eux trois mois c’est le bout du monde.
Donc, les petites sociétés qui veulent s’installer en France ne peuvent le faire seules, elles doivent passer par des conseils légaux et cela est couteux. Car il n’est pas donné à tout le monde de maitriser le droit du travail français.

Je me suis toujours dit qu’afin de les attirer en France, il suffirait qu’elles soient un peu mieux renseignées sur les procédures, et pourquoi pas leur offrir une aide à l’installation gratuite ?

Il m’est arrivé d’aider les entreprises dans lesquelles j’ai travaillé, pour la traduction de quelques documents en français lorsque j’étais aux Etats-Unis.
Cette simple démarche aide les services de ressources humaines à comprendre ce qu’il leur est demandé. Si certains documents légaux étaient en anglais, peut-être que ca changerait ?

Comment attirer les entreprises étrangères en France et ainsi créer de l’emploi ?
Je e crois pas au fait de tirer le monde entier vers le bas et changer le système français afin qu’il soit comme aux Etats-Unis. Au contraire, ce qui nous différentie doit être un avantage a proposer pour attirer des talents.
Beaucoup de mes collègues américains rêveraient de travailler en France et vivre comme un français : avoir accès aux soins médicaux, avoir 5 semaines de congés payés et pouvoir les prendre, un système éducatif au top,  vivre en France.
Ne me parlez pas du coup du travail, car les gens sont payés 3 fois plus là-bas. Donc le problème n’est pas là.

Pourquoi ne pas cultiver cela comme attrait pour les entreprises dynamiques étrangères ?

Qu’en-pensez-vous ?

mardi 18 février 2014

Les vertus du télétravail – l’entreprise de demain




Regardons les choses en face. Je ne connais personne à qui cela fasse plaisir de prendre le métro pendant une heure ou plus chaque matin et d’aller au bureau. Et de reprendre le métro le soir, récupérer les enfants a pas d’heure, préparer le diner, faire les devoirs, coucher les gamins et enfin se re (laxer euh non...) connecter pour finir ce qu’on n’a pas pu finir pendant la journée !

Et oui, je ne connais personne dans mon entourage qui ne se reconnecte pas le soir pour bosser. Les raisons sont nombreuses : 
On finit la présentation pour le chef parce qu’au bureau c’était la course, réunions après réunions
- On avance sur le gros projet Machin à rendre dans 15 jours parce qu’au bureau dans l’open space et avec la fin de mois, impossible de s’entendre penser
On met enfin salesforce a jour parce que ca fait plusieurs jours qu’on voulait le faire, mais on a pas pu se poser deux heures non stop au bureau, car il y avait toujours un collègue qui venait réclamer quelque chose..

Et oui, tout le monde le dit, la vie au bureau est stressante.

L’émergence des open-spaces date d’une vingtaine d’année. Ce sont ces grand espaces avec des bureaux collés les uns aux autres, des écrans d’ordinateurs et des téléphones a la vue et aux oreilles de tous. Pour les Etats-Unis, ce sont des cubes de 2 mètres sur deux environs avec des cloisons de 2m. Voilà pourquoi on les appelle des cubes.
Cela peut paraitre un peu plus confortable, mais ces cubes n’ont pas de porte, ils sont collés les uns aux autres et tout comme les open-spaces, ils ne permettent aucune intimité.

Au départ, ces systèmes ont été créés pour aplanir les systèmes de castes dans les entreprises. Tout le monde devait être logé à la même enseigne et les chefs seraient installes au milieu des employés pour être plus disponibles.
Sous ces apparences détendues, ce système cache une tension d’une extrême violence  et un grand isolement pour les employés.  Tout d’abord, les chefs a partir de n+2 sont dans des bureaux fermés et tranquilles.
Seuls les petits chefs sont encore dans les opens spaces. Ce qui créé de l’amertume et un désir de se différencier et de s’affirmer de la part de ces chefs : ils surveillent, ne se mélangent pas et gardent les meilleures places près des murs ou légèrement isolés pour garder un peu d’intimité.

Quand je suis arrivée aux Etats-Unis, j’ai travaillé pendant trois ans une grosse société. Je faisais partie d’une équipe de plus de 20 personnes. Comme j’étais la dernière arrivée, j’ai écopé d’un cube qui faisait le coin, jute au croisement de deux allées.  Il y avait un passage constant, impossible de ne pas voir mon écran en passant. Et surtout, les gens qui se croisaient dans les allées s’arrêtaient derrière mon cube pour discuter. C’était un bruit constant et un va et vient incessant.
J’ai mis très longtemps à passer des appels en me disant que ce n’était pas grave si tout le monde pouvait entendre ce que je disais.
Mon voisin du cube d’en face avait la cinquantaine, et je pense, devait être un peu sourd. On pouvait l’entendre au téléphone depuis l’autre bout du plateau. Ajoutez à cela le fait que les gens mangent dans leur cube, il y avait toutes sortes d’odeur de nourriture au déjeuner.
Les cubes étaient alignés en rangées de 5 sur 5. Les cubes du bout étaient adossés aux fenêtres, ceux du début de rang, comme le mien ne voyaient pas la lumière du jour.
Pour migrer vers le fond, il fallait attendre que quelqu’un parte et que ce soit son tour, le tout par ancienneté.
Les sous chefs avaient des minis bureaux fermés sans fenêtre. Les n+2 avaient des petits bureaux avec un bout de fenêtre, et ainsi de suite les bureaux et les fenêtres grandissaient.
Les salles de réunions étaient près de fenêtres et confortables.
Bref, vous l’avez compris, c’était la course à la fenêtre et à la lumière du jour. On pouvait arriver le matin en hiver dans le noir et repartir dans le noir le soir sans jamais avoir vu le jour.
Ce qui m’a toujours révoltée dans ce système, c’est que les grand bureaux avec fenêtres étaient données à des chefs qui n’étaient jamais là, ils voyageaient tout le temps, et le reste du temps, ils travaillaient de la maison. Et les salles de réunions étaient utilisées peut être une à deux heures par jour.
Pour echaper à leur cellule, certains de mes collègues allaient s’installer dans les salles de réunions quand les chefs étaient absents, car les sièges étaient plus confortables.
Voila une bonne description de la misère au bureau.

Il y a tout un système de castes qui s’est créé pour obtenir juste un peu de calme pour travailler. Et tout un système de fliquage également, tout le monde surveille tout le monde : qui arrive en premier, qui part le premier le soir, qui consulte internet, qui passe un coup de fil perso, qui reste un peu plus longtemps pour sa pause déjeuner… Rien n’est épargné.

La raison officielle de la création ces espaces ouverts dans les entreprises était de mettre en place des espaces de collaboration et d’échange entre les équipes.
Au lieu de cela, nous avons créé des espaces de stress intense ou le bruit et les petites mesquineries règnent en maitre.

Les entreprises font des économies sur tout. Le bureau tranquille de papa (ou grand-père plutôt, car papa était déjà dans un open-space) n’existe plus.

Alors puisqu’il s’agit de raisons purement économiques, pourquoi ne pas optimiser le système ? Partons du postulat que les gens sont matures et exécutent le travail pour lequel ils sont payés.

On créerait alors des espaces de travail ou les bureaux ne seraient pas nominatifs. Le travail collaboratif aura lieu en ligne, comme c’est déjà très souvent le cas, via email, appels conférences et vidéo conférences.  Les employés ne viendraient au bureau qu’une a deux fois par semaine pour des réunions.
Le grand avantage pour l’employé est de pouvoir allier vie personnelle et vie professionnelle et de pouvoir travailler quand il le souhaite. Cela demande une grande organisation et une bonne gestion de son temps. Mais au final les tricheurs sont perdants car, comme dans le système actuel, c’est le résultat qui compte.
L’autre avantage, et non des moindre, est que cela réduirait le nombre de voiture sur les routes. Ce serait un bénéfice pour l’écologie, mais également une économie substantielle pour les conducteurs.

Voila ma solution pour un cadre de travail moderne et en phase avec son temps.

Laissez-moi vos suggestions, vos commentaires ou vos expériences en open-spaces. Je serais ravie de les lire.

lundi 17 février 2014

La Politique au Travail


Alors on entend souvent « cette personne est très politique ». Cela n’a rien à voir avec la Politique et les partis politiques. En général d’ailleurs ces sujets la restent en dehors des entreprises.
Non, un mec politique au travail c’est tout simplement une façon polie de dire « lèche-cul ». Le type qui arrive à ménager le chou et la chèvre et qui, qu’elles que soient les circonstances, s’en tire toujours.

D’ailleurs, je dis chapeau bas, car c’est un art et une qualité indéniable au travail.
Savez-vous quelle est « expression pour « lèche-cul » aux Etats-Unis ? on dit « brown noze » (nez marron). Je ne vais pas m’étaler dans les explications détaillées, car ce serait mal venu, mais dites vous que c’est la traduction exacte de l’expression française. Juste un peu plus imagée.
La première fois que les collègues m’ont sortis cette expression, j’ai mis quelques minutes à comprendre, puis j’avoue que ca m’a un peu écœurée. Puis, j’ai découvert que beaucoup des expressions et insultes américaines avaient trait au caca. Allez-savoir pourquoi !

Bref, revenons à notre homo-politicus.

Le monde de l’entreprise est une jungle. Elle ne devrait pas l’être, mais malheureusement, cela échappe souvent au contrôle des fondateurs et plus la boite est grande plus y vivre (et y survivre) devient un exercice difficile.
J’avoue que j’ai une préférence pour les structures à taille moyenne ou petite ou la politique n’a pas encore élu résidence.

Avez-vous remarqué comme on reconnait les gens qui sont politiques dès l’école ? J’étais dans une école de commerce et je peux vous assurer qu’il était facile de savoir qui allait s’en tirer toute sa vie en entreprise. Facile : le ton mielleux, le sourire facile, rarement énervé, ne s’engageant pour rien, retournant sa veste très facilement sans états d’âme et je pense que la qualité numéro un est de réussir à faire croire aux professeurs qu’ils sont indispensables.
Pourtant les notes sont moyennes.

Donc, des qualités sociables et diplomatiques très poussées. Et également la possibilité de se mettre en mode hibernation quand le vent tourne.
Il y avait ce type qui était simple grouillot quand je suis arrivée dans la boite. Un grouillot fainéant en plus. Je devais travailler avec lui de temps en temps et une des choses que j’ai vite comprises avec lui est qu’il ne valait mieux pas lui demander quoi que ce soit si on voulait que ce soit fait.
On l’appelait le botteur en touche, tant il était passé maitre dans l’art. C’est simple quand on lui demandait quelque chose, il avait plusieurs façons de refuser sans  donner l’impression de refuser directement, car ce ne serait pas trop bon pour son image.

Soit, il ignorait la demande, puis s’il était pris, il avait une liste d’excuses toutes faites : il travaillait sur le gros dossier Tartampion hyper stratégique, il revenait de vacances et il n’a pas eu le temps de lire tous ses mails, il a été en réunion toute la journée ces 4 derniers jours…

D’ailleurs une des stratégies échappatoire est d’être toujours en réunion. Quand les gens normaux fuient au possible les réunions, les homo-politicus les provoquent. Ils sont souvent la cause des réunionites aigues qui sévissent dans les entreprises.
Les réunions permettaient à mon collègue d’avoir l’air occupé et surtout important.
Il n’allait aux réunions organisées par les autres que s’il y avait un chef qui y participait. Il refusait les réunions entre collègues, et surtout pour des projets concrets qui risqueraient de lui donner des choses à faire.

J’ai appris à me méfier des réunions organisées par ce collègue. Il avait toujours un super projet « y’a qu’à- faut qu’on » à proposer. Mais en général, le « nous » ne l’incluait jamais. Il distribuait les tâches, et sa seule tâche était de refaire une réunion pour voir ou ca en était.
Du coup, autre caractéristique de ce collègue, était que tout le monde le fuyait comme la peste. Il n’avait pas d’amis. Car il ne trompait personne. Personne, sauf le management.

Et oui, ce collègue savait très bien se faire bien voir par le management et plus particulièrement son chef. Si un email de la direction arrivait à 23 heures sur nos i-Phones, il était le premier à répondre, même si ca ne le concernait pas. Et s’il était en copie d’un email envoyé par la direction, ne le concernant toujours pas, il répondait tout de même, pour montrer sa connaissance des dossiers. Il faisait tout pour que son chef le trouve indispensable et pour faire bien voir son chef.

Il y a eu plusieurs changements de directions et il a toujours réussi à survivre à ces changements car il ne faisait de l’ombre à personne.
J’aurais beaucoup d’exemples de petites mesquineries et autres trahisons de ce gentil collègue pour arriver à son but. Mais je vais faire court, il est désormais Directeur lui-même. Car son chef est devenu Vice Président.
Et je crois savoir que la vie est très dure pour lui, car il ne peut plus se cacher derrière son petit doigt. Son action est plus visible que jamais et il doit bosser.

Conclusion, la politique paye.

J’ai rencontré une petite boite qui encore une start-up mais qui a beaucoup d’avenir. L’une des choses que l’on m’a assuré lors de l’entretien c’est qu’il y a zero politique. Je ne pense pas que zero politique soit possible, mais proche de zero, c’est faisable.
L’entretien s’est bien passé, j’ai eu un petit devoir maison à leur rendre, et la je suis dans la phase attente. Je croise les doigts, car ce serait vraiment bien. La boite me plait, l’ambiance a l’air super et les gens ont l’air vraiment smart.

dimanche 16 février 2014

Qu’est-ce que la Culture d’Entreprise ?


J’ai toujours été étonnée par la façon dont on désigne les entreprises comme étant des entités presque vivantes. Ne dit-on pas des choses du genre « cette société est dynamique », ou encore « L’entreprise a licencié 50 personnes ».
C’est comme si on avait besoin de trouver un moyen de rassembler la masse de personnes qui travaillent dans une société et de les mêler dans un même moule. Et plus l’entreprise est grosse plus c’est vrai.
Il est certain que les gens qui travaillent dans une entreprise et qui prennent les décisions ont besoin parfois de se cacher derrière ces entités car ils ne peuvent assumer certaines décisions.
Or, si cela peut parfois être utile, cela peut aussi se retourner contre l’entreprise. Et c’est le cas pour la culture d’entreprise.

La culture d’entreprise, c’est l’ambiance, le mode de fonctionnement, les valeurs que l’entreprise essaye d’appliquer et de véhiculer et  la façon de travailler des salariés. Il est impossible de désigner précisément la culture. C’est impalpable.
La culture d’entreprise est très largement le résultat des modes de fonctionnement des gens qui travaillent ensemble dans l’entreprise.

On peut donc dire que la culture d’entreprise échappe à l’entreprise. Car elle est le fait des hommes et des femmes qui y travaillent, et ce individuellement. Si une entreprise introduit un mauvais élément dans ses rangs, c’est tout le système qui peut s’écrouler. En anglais il y a une expression : mettez une pomme pourrie dans le panier et elle contaminera tout le panier (bad apple). Et plus particulièrement si la pomme pourrie est manager.

Les entreprises ont besoin d’une bonne culture d’entreprise afin d’attirer les talents.

J’ai connu une entreprise qui n’arrivait pas à garder ses commerciaux dans une de ses régions. Ils ne restaient pas plus d’un an. Que se passait-t-il ?
Tout simplement, le chef des ventes de cette région était un micro-manager. Il pressait son équipe et ne lui faisait pas confiance. Et pire que tout il ne les défendait pas dans l’adversité. Aux Etats-Unis on dit de ces chefs qu’ils sont « insecure », c'est-à-dire qu’ils n’ont ont pas confiance en eux. C’est assez vrai quand on y pense.

J’ai eu une chef comme ca une fois, elle nous demandait de la copier sur tous les emails que nous envoyions aux gens qui avaient des titres de directeur et plus. Elle s’attribuait le travail de son équipe sans jamais les mettre en avant. Elle vérifiait matin et soir que les gens n’arrivaient pas trop tard le matin et ne partaient pas trop tôt le soir. Elle avait instauré un tel climat de terreur et de malaise que les gens en étaient malades et partaient les uns après les autres. Elle a sévit pendant 7 ans avant d’être congédiée. Je l’ai eu pour chef pendant 4 mois avant qu’elle ne parte.



A contrario, la région la plus dynamique et qui faisait le meilleur chiffre avait des commerciaux qui étaient dans la société depuis des années, fidèles et talentueux. Leur chef étaient un des anciens le la boite, calme, posé et compétent.

Mais la culture d’entreprise ca n’est pas que cela. Il s’agit également de la possibilité des employés s’exprimer et participer au succès de la société.
J’ai connu une entreprise ou à chaque réunion de projet l’équipe marketing se demandait si le PDG de la société serait d’accord. A la fin, les employés, quel que soit leur niveau hiérarchique, ne fonctionnaient qu’ainsi et chaque projet dont l’équipe pensait qu’il ne serait pas accepté n’était même pas présenté. Ils avaient renoncé à se battre et à proposer des nouvelles idées, juste pour garder leur emploi.
Résultat : Les gens ne restent pas. La société a très mauvaise réputation et a du mal à recruter des talents.

La culture se construit donc dans la confiance que l’on accorde aux employés. Aux Etats-Unis il est très commun de travailler de chez soi. On envoie un email à son équipe pour dire qu’on travaille de la maison et rappeler comment on peut nous joindre. Et voilà. Personne ne questionne, personne ne met en doute le fait que l’employé va travailler.
Ce qui compte c’est que le travail soit fait.

La culture peut également être vue de l’extérieur. Il faut mettre en place une bonne éthique de travail et de service client. Les clients participent à la bonne réputation de l’entreprise.

Donc pour résumer, la culture d’entreprise se construit par les employés qui y travaillent et cultivent une ambiance de travail saine dans un climat de confiance.